Bref,
J'avais visité Madrid et Tolède, et je rentrais à Aix-en-Provence. A vélo. C'est bien, le vélo, ça permet de profiter des paysages, des grands espaces, et de mieux se rendre compte des distances.
J'étais parti depuis à peine deux jours, et le vent soufflait de toutes ses forces, et de pleine face, sur mon petit vélo. Epuisé, en pleine campagne castillaise, je décide faire une pause.
Alors que je buvais de l'eau sur un petit chemin, à peine à l'abri des bourrasques, un gros tracteur arrive.
Je range mon vélo.
L'agriculteur s'arrête, et commence à me parler.
Je connais deux mots d'espagnol.
Visiblement, il me propose de l'eau.
Je lui montre que j'en ai déjà.
Il me montre une bouteille toute sale, et me la tend.
Je lui fais signe que je ne suis pas intéressé.
Il ne comprends sans doute pas, et descend de son tracteur pour me parler.
Il s'approche de moi.
Il me demande où je vais.
Il sent la vinasse.
Je lui réponds que je vais à Tarazona : ce devait être mon étape de la journée.
Il me dit que ce n'est pas tout près.
Et qu'il y a du vent.
Mais que j'ai de bonnes cuisses.
Il tente de me palper les cuisses.
Je suis surpris, et je recule pour qu'il n'insiste pas.
Puis il me dit qu'il fait froid.
Je comprends, mais il croit que je ne comprends pas.
Alors, il insiste.
Il va près du moteur, pour me dire qu'il est chaud.
Puis il s'éloigne du tracteur, pour me dire qu'il fait froid.
Puis il me demande si j'ai froid.
Comme je lui dis que non, il recommence.
Et il me demande si j'ai froid.
Comme je lui dis que non, il recommence.
Je lui fais comprendre qu'il faut que j'y aille.
Il me propose de me raccompagner jusqu'à Tarazona.
Faire la route avec un agriculteur bourré en train de me draguer ne me tentait pas, je préférais mon vélo.
J'ai refusé.
Bref, on fait des rencontres, à vélo.
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