Bref, je suis allé au commissariat

Bref,

Le mois de juin avait démarré sur les chapeaux de roues. Et un peu en avance, puisque les beaux jours, les piques-niques et la folie qui les accompagne sont arrivés dès la fin mai.

Bref, le mardi soir, je me suis retrouvé au commissariat, pour porter plainte parce que je m'étais fait voler mon sac au pique-nique du vendredi soir. Pique-nique auquel j'avais convié cette nana que j'avais rencontrée au pique-nique du mercredi soir, et qui m'avait filé son numéro, alors que son portable était tombé dans la Seine. Elle n'était pas venue, du coup je m'étais vengé sur le chou-fleur qu'un pote un bizarre avait apporté, et sur la bière. C'est en voulant partir que je me suis rendu compte que mon sac, dans lequel il y avait mon portefeuille, tous mes papiers, et une contravention impayée, et que j'avais négligé de surveiller, avait disparu.
Samedi, je n'ai pas pu aller au commissariat, car je bossais, et que j'avais un apéro le soir.
Dimanche, je n'ai pas pu aller au commissariat, car je déménageais, et je mangeais chez mes parents le soir.
Lundi, je n'ai pas pu aller au commissariat, car je suis allé aider ma frangine qui a brutalement décidé de déménager aussi, sans penser qu'un lundi de pentecôte, on ne trouve pas de camion en location.

 Bref, je suis allé au commissariat le mardi soir. J'ai patienté 1h30 en salle d'attente. J'en ai profité pour essayer de parler à une magnifique blonde qui attendait à ma droite, mais elle ne m'a pas répondu. Alors, c'est le mec qui était à ma gauche qui m'a parlé. Il m'a dit qu'il était arrivé à 3h du mat' pour porter plainte parce qu'on lui avait volé son scooter, mais comme il sentait l'alcool et qu'il était à 1,8g, on l'a collé en cellule de dégrisement, dont il venait de sortir. Il était 18h. Il n'a pas pris le temps de rentrer chez lui pour prendre une douche, il s'est mis à faire la queue comme tout le monde.
Le brigadier qui m'a accueilli pour recevoir ma plainte m'a demandé de laisser la porte de son bureau ouverte. Cela ne me dérangeait pas que les gens qui passent pussent entendre que je m'étais fait voler mon sac. Du coup, j'ai entendu la plaignante du bureau d'à côté raconter en pleurs que sa voisine de palier la frappait avec un taser quand elle passait. Et son brigadier de lui expliquer toutes les difficultés qu'avait la police à pouvoir l'aider.

Bref, j'ai passé ma soirée au commissariat. 


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