Bref, je suis parti en vacances avec mon cousin

Bref,

Avec mon cousin Matthieu, on voulait se faire des vacances en mode "wild-life". C'est-à-dire "vie sauvage", pour ceux qui ne parlent pas l'anglais.

On avait choisi d'aller en Ariège, parce que c'est l'un des coins les plus paumés de France, et qu'on voulait que personne ne nous emmerde. On avait avec nous des paquets de pâtes, quelques fringues, des bâches et une hache.

On a commencé très fort, en trouvant une magnifique vallée pour nous tout seuls, à 1300 m d'altitude, avec un torrent au milieu pour se laver, plein d'arbres pour se construire une cabane. On a fait une grosse cueillette de giroles, et on a même réussi à récupérer mon sac qui avait dégringolé dans un ravin.

On a voulu construire la cabane Et on s'est rendu compte que les bords de montagne, c'est toujours en pente. On a essayé d'égaliser le terrain avec des cailloux et des fougères. La nuit, on s'est rendu compte que les duvets glissaient très bien sur les fougères.

Le lendemain, on a compris que 1300 m, c'était l'altitude de prédilection pour les nuages qui s'accrochaient dans la montagne. Au moins, on a pu courir dans le torrent cul nu (à cette altitude, même en août, les torrents sont glacés, et peuvent vous colorer les couilles en bleu) sans être aperçu de randonneurs, sur le GR qui passait non loin.

Le 3é jour, on a voulu aller à la pêche. Pour trouver un lac, on s'est dit que ce serait plus sympa de monter encore. On en a trouvé un, à plus de 2000 m. Il y avait là quelques poissons introduits artificiellement. On en a pêché 3-4 malingres, qu'on n'a même pas réussi à préparer correctement pour les manger.

Le 4é jour, on s'est rendu compte que j'avais prévu de la bouffe pour 8 jours, mais pour une personne. A deux, ça faisait un peu short. On a essayé de chasser des marmottes, mais elle criaient et s'enfuyaient bien avant qu'on puisse les approcher. On a pensé à traire les juments qui nous tenaient compagnie, mais Matthieu avait peur de se prendre une ruade. On a donc décidé de se rationner.

Le 5é jour, on a fait une razzia sur les myrtilles en se promenant.

Le 6é jour, au soir, il s'est mis à pleuvoir plus fort que d'habitude. On s'est réfugié dans notre magnifique cabane. En milieu de nuit, j'ai senti que j'avais froid. Puis j'ai compris que j'avais froid parce que mon duvet était tout mouillé, donc moi aussi. Puis j'ai compris que mon duvet était mouillé parce que la pluie passait à travers notre toit, fait avec de magnifiques bâches d'occasion.
- Matthieu ?
- Quoi ?
- Je crois que les bâches sont trouées.
- Ben oui, je sais.
- Tu le sais, et tu les a prises quand même ?
- ben oui, c'est pas grave.
- Ton duvet est mouillé ?
- Non.
Il fallait qu'on trouve un autre abri. On a pris nos affaires pour aller rejoindre sous la pluie un refuge des gardes-forestiers à moitié écroulée. Il y restait un pan de toit encore en état de nous abriter. Comme on n'avait plus une fringue sèche, on a préparé un feu avec du crottin de jument. Comme on s'est rendormi, les fringues on un peu trop séché, et ont roussi. Dès le lendemain, on a pu mettre des vêtements colorés et parfumés à la fumée de crottin de jument.

Le 7é jour, on n'avait plus rien à manger. On est descendu de la montagne. En chemin, on a trouvé une clef de 8 dans le coffre d'une voiture. Au bout d'une demi-journée de marche, on a atteint le premier village, Seix. On a pu se restaurer dans un restaurant gastronomique. Là, on a redécouvert l'eau courante dans les WC. Entre deux plats, on a eu le temps de vérifier qu'on n'avait pas de tiques. On est arrivé le soir à Toulouse. On n'avait nulle part où dormir. Pas assez d'arbres pour se reconstruire une cabane. On a utilisé la clef de 8 pour ouvrir un train et le squatter.

Bref, je suis parti en vacances avec mon cousin.

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