Bref,
Ce dimanche-là, j'allais à une compétition de judo en Bretagne. A Ploërmel.
J'avais déjà eu une compétition le samedi, à Nanterre. Mon père voulait m'accompagner pour aller à Ploërmel, mais il a eu un empêchement. Je pensais d'abord y aller en train, mais il n'y a pas de train pour Ploërmel. Et pour y aller en car, c'est le bordel. Donc, j'ai pris la voiture.
Donc, sitôt finie la compèt à Nanterre, je pars pour Rennes, où je devais dormir. Passé quelques bouchons, je me rends compte que 3h de voiture, quand on vient de finir une compèt, c'est long. Je m'arrête une première fois pour manger. Je m'arrête une deuxième fois pour me reposer. Je sens que je m'assoupis à nouveau. Le péage n'est pas loin. Il est déjà minuit quinze. La pesée le lendemain à Ploërmel est à 9h. Je décide de faire une dernière pause juste après le péage. Je m'endors juste avant.
Bref, je suis brutalement réveillé par un gros choc. Je me rends plus ou moins compte que j'ai percuté la glissière centrale, et je me dirige vers la bande d'arrêt d'urgence. La voiture était morte. J'appelle mon assurance. J'appelle une dépanneuse. Le responsable de la sécurité de l'autoroute arrive, avec son camion et sa combi jaune fluo. Il appelle la dépanneuse.
La gendarmerie arrive. Je pensais qu'ils passaient par là juste pour constater l'accident. Ils sont deux. Un homme, grand, gras et quadragénaire. Une femme, ou plutôt une adolescente, de vingt ans, blonde, timide et jeune. Il demande:
- Qui est le conducteur du véhicule ?
Je regarde l'agent de sécurité, avec sa combi jaune fluo, avant de répondre:
- C'est moi.
- Vous avez bu ?
- Non.
- Vous avez pris des stupéfiants ?
- Non.
- C'était quand la dernière fois ?
- Dernière fois que quoi ?
- Dernière fois que vous avez consommé des stupéfiants.
- Je n'en consomme pas.
- Pourquoi vous conduisez de nuit ?
- Je vais à Rennes.
Il m'a fait passer un alcootest. Négatif, évidemment. Il m'a fait la morale pendant 20 min sur le fait qu'il ne faut pas conduire de nuit, parce que c'est fatiguant, et quand il y a un accident, ça l'oblige à se lever. Il m'a demandé si j'étais blessé. J'ai dit que non. Il m'a dit que j'avais de la chance, le dernier qui s'était endormi sur la route avait eu 20 côtes cassées. Je ne lui ai pas dit que les êtres humains n'ont que 12 côtes. Il m'a filé une amende de 135 euros. Il m'a précisé avant de partir:
- Cela n'entraîne pas de pénalité sur le permis de conduire.
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